Un virage technologique doit s’accélérer, soutient la nouvelle cheffe du Fonds de solidarité FTQ

La crise de la pandémie aura été un puissant accélérateur de changements technologiques dans les entreprises québécoises, se réjouit la nouvelle cheffe du Fonds de solidarité FTQ. L’important, maintenant, est de ne pas arrêter.

« Nous sommes dans une course mondiale à l’innovation, a martelé Janie Béïque en entretien téléphonique au Devoir vendredi. Il ne s’agit pas seulement de donner un coup, après quoi tout sera correct. Comme la technologie évolue tout le temps à une vitesse exponentielle, c’est un processus continu qui doit être incorporé aux modèles d’affaires et au quotidien des entreprises. Je crois qu’elles le comprennent aujourd’hui, il faut juste qu’elles maintiennent leurs efforts et accélèrent la cadence. »

Au Québec, ces avancées technologiques présentent une importance plus grande encore parce qu’elles ont le pouvoir d’aider à relever l’immense défi que pose la rareté de main-d’œuvre, observe celle qui a pris en avril la relève de Gaétan Morin à titre de présidente et cheffe de la direction du fonds de travailleurs riche d’un actif net dépassant les 17 milliards. « Il faut seulement ne pas perdre de vue que l’actif le plus important d’une entreprise reste l’être humain, et que lorsque tu effectues un virage technologique, il faut t’assurer que ces humains-là puissent suivre. »

La formation des travailleurs, non seulement à l’école, mais aussi tout au long de leur vie, reste l’un des moyens les plus sûrs que les choses se passent bien. Là encore, dit-elle, l’idée fait son chemin au Québec, mais des progrès restent à faire. « C’est une responsabilité collective, pas juste le problème des gouvernements ni des entreprises, il faut que tout le monde participe à l’effort. Il y a une mentalité collective à développer. »

Rebond

Bien que la sortie de crise soit déjà bien engagée au Québec, il reste encore du chemin à faire, prévient Janie Béïque, qui présidera samedi, en virtuel, sa première assemblée générale annuelle des actionnaires du Fonds de solidarité FTQ. « Les économies sont toutes interdépendantes sur la planète. Tant qu’elles ne sont pas toutes sorties de la pandémie, nos entreprises vont demeurer fragiles. » Frappé comme tout le monde par la pandémie, le Fonds a vu son rendement annuel chuter à seulement 0,8 % en 2020, avant de rebondir à 20,3 % au dernier exercice annuel, qui s’est bouclé le 31 mai dernier, pour une valeur de l’action de 53,21 $ (+4,10 $).

Il présente ainsi un rendement composé annuel de 8,9 % sur 5 ans et de 7,5 % sur 10 ans, sans compter les 30 % de crédits d’impôt accordés par les gouvernements à ses quelque 725 000 actionnaires-épargnants. Cela fait quatre années consécutives pendant lesquelles plus d’un milliard en capital de développement est investi dans des entreprises du Québec. Le Fonds est désormais actif auprès de plus de 3400 entreprises partenaires représentant presque 250 000 emplois.

« On entend de plus en plus parler de capitalisme humain, d’investissement responsable. Nous, ça fait des années qu’on fait cela, que c’est dans notre ADN », dit Janie Béïque, citant non seulement les investissements du Fonds au Québec, mais aussi son accompagnement des entreprises et de leurs employés.

Nouvelles cibles carbone

En pleine mise à jour de son plan stratégique quinquennal, le Fonds compte entre autres en profiter pour relever les cibles de réduction de l’empreinte carbone de ses placements. Il a déjà amplement dépassé l’objectif d’une baisse de 25 % d’ici 2025 qu’il s’était fixé en 2018 pour ses investissements en Bourse — avec l’équivalent de 39 tonnes de CO2 par million de dollars investi en 2021, contre une cible de 48 tonnes pour 2025 —, à la faveur notamment de sa sortie des sables bitumineux. Pour son volet investissement privé (44 tonnes par million investi en 2021), il compte surtout sur un accompagnement particulier et des cibles adaptées à la réalité propre à chaque entreprise.

« Je crois que la leçon de la pandémie est de ne jamais perdre de vue qu’il y a des humains derrière toute chose et de garder l’humain au cœur de toute décision », conclut Janie Béïque.

Les dirigeants du Fonds de solidarité entendent d’ailleurs, lors de leur assemblée générale de samedi, troquer les habits de banquiers pour des chandails dénonçant la violence conjugale. « Pendant la pandémie, j’ai été témoin de très près de ce genre de violence. Je me suis dit qu’il fallait profiter de la tribune qui nous était offerte. »

Source : Le virage technologique doit s’accélérer, soutient la nouvelle cheffe du Fonds de solidarité FTQ | Le Devoir


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